Anna Vandaigne, sous le titre La condition de la femme dans l'Église et sous la rubrique Tribune libre, écrivait récemment dans La Presse : « Dieu est Père, bien sûr, mais dans son ordre ontologique qui n'a rien à voir avec les sexes de la race humaine. » Je voudrais bien que l'auteur me prouve cette dernière assertion. J'ai cru comprendre jusqu'à maintenant que de toute éternité le Père engendrait son Fils qui, par son Incarnation, assumait toute la condition humaine et toute la création, sexualité incluse..
Dans la nature, manifestation de Dieu, là où il y a vie, il y a sexualité, des protophytes et des protozoaires à l'homme. C'est, il me semble, une qualité étonnante, une perfection d'une grande beauté. Je ne vois pas du tout ce qu'il y a d'inconvenant à transposer en l'Être Vivant par excellence, dans les rapports de ses Trois Personnes divines, cette perfection poussée à l'infini, selon la méthode même du docteur angélique, Saint Thomas..
Pourquoi tant s'obstiner à refuser à Dieu, lui-même Vie et Source de toute vie, une forme infinie et parfaite de sexualité à laquelle l'homme, fait à son image et à sa ressemblance, participe et dont il est le reflet ?.
Jean-Paul Bachand, psychologue
Il faudrait de très solides arguments, appuyés sur des textes de l'Écriture très clairs et convaincants, pour me démontrer pourquoi la sexualité ferait exception pour Dieu, pourquoi elle serait a priori exclue des attributs divins. Nous acceptons volontiers que le Dieu-Amour-Eucharistie ait quelque chose à voir avec le manger et le boire chez l'homme, faculté qu'il partage avec tous les animaux et toutes les plantes. Pourquoi refuser avec acharnement que le Dieu-Amour ait quelque chose à voir, comme le suggère le sacrement de mariage, avec la sexualité chez l'homme, faculté qu'il partage avec tous les animaux et toutes les plantes ? Cela est d'autant plus incompréhensible que la psychologie ne considère pas la sexualité de l'homme comme un instinct surgissant aveuglément du tréfonds de son être, mais comme une conduite façonnée par les relations établies précocement avec les personnes significatives de l'entourage, les parents...
Le proverbe « Qui fait l'ange, fait la bête » ne serait pas si vrai. La réciproque, « Qui fait la bête, fait l'ange », n'est pas à craindre..
1 Tous les énoncés qui suivent sont contenus dans mon livre « Dieu est Chair », publié sur Internet.